Interview sur le bien être animal
Entretien avec le Dr Sylvia Masson dans le magazine Vie Villages, consacré au bien-être des animaux de compagnie et à la loi n° 2021-1539 du 30 novembre 2021, visant à lutter contre la maltraitance animale et à renforcer le lien entre les animaux et les humains.
Extrait
Sylvia, qu’avez-vous pensé de cette loi de 2021 ?
Je me suis dit ça va changer les choses. Après, c’est toujours le même problème : il y a la loi et l’application de la loi ! Si on fait une loi interdisant les colliers électriques et que l’on ne communique pas dessus, on ne changera pas les choses.
Ça a été le cas de celle sur les chiens de catégorie. Il a fallu du temps qu’elle soit intégrée par l’opinion publique. La communication est capitale. En France, on est plutôt en retard sur la question du bien-être animal. Il y a d’autres sujets avant cela. Donc, cette avancée est déjà essentielle.
Quels sont les points à améliorer selon vous en matière de maltraitance animale ?
Sans doute la loi sur les chiens de catégorie. On sait très bien que c’est une loi « raciste » qui date des combats de chiens.
Les pitbulls et les rottweilers souffrent encore de cette mauvaise réputation. Une bonne fois pour toute, la dangerosité n’est pas qu’une histoire de races. Un caniche peut être aussi dangereux qu’un molosse. D’ailleurs, en Europe, d’un pays à l’autre, ce ne sont pas les mêmes races qui sont interdites. Il y a simplement des races prédisposées à des maladies physiques ou comportementales entraînant des attitudes agressives. On a créé des races sur les standards physiques, alors que les critères comportementaux sont bien plus importants
! La sélection d’un juge lors d’un concours canin c’est du mannequinat.
Mais ce n’est pas ce que l’on demande en premier à un chien.